Les lucumi forment le groupe majoritaire. Leur système cultuel est appelée la regla de ocha-ifa. Il est plus connu sous le nom de santeria.
Il existe plusieurs types de cérémonies :
l’initiation (qui dure plusieurs semaines) avec différentes étapes,
les fêtes à date fixe en l’honneur d’une divinité (orisha),
les commémorations liées à la vie de chaque initié
les fêtes à plus amples participation : simple remerciement à une divinité pour son « travail » bénéfique ou fête offerte à un orisha demandant son attribut.
Les tambours utilisés sont des tambours sacrés. Ils sont appelés tambours bata. Ils sont bimembarophones, en forme de clepsydre, percutés à la main de chaque côté et sont au nombre de trois :
le plus grand porte le nom d’iya ; il est muni autour de ses bouches de clochettes de bronzes appelées shaworo, qui complètent et modifient la sonorité du tambour.
le tambour de registre intermédiaire s’appelle itotele
le plus petit registre plus aigu, okonkolo.
L’iya dirige l’ensemble. En ouvrant le rituel, il appelle l’orisha invoqué. L’itotele qui se trouve à sa gauche lui répond. L’okonkolo exécute le patron rythmique de base.
Ces tambours, instruments sacrés, sont des détenteurs de secrets. Ils parlent et sont la voix qui appelle la divinité, et celle-ci s’exprime aussi à travers eux. A chaque divinité correspond un langage musical spécifique des tambours, mais aussi des chants et des danses.
La santeria est dominée par un Dieu suprême appelé Olodumare, source de l’aché (l’énergie spirituelle de l’Univers). Il a envoyé sur Terre des émissaires (les orishas) qui sont la personnification de la Nature. Ainsi, on distingue plusieurs divinités parmi lesquelles nous allons aborder que quelques unes :
Cuba est l’un des pays où les rituels et pratiques cultuelles sont extrêmement vivants. Cet héritage d’origine africaine imprègne toute la culture cubaine, au-delà même de la population concernée par les différents cultes. Alimentant même les musiques populaires, il se transmet et se transforme à travers des générations depuis la période de l’esclavage.
Aujourd’hui encore, nombre de musiciens cubains, percussionnistes en particulier, sont initiés à l’un au moins des systèmes cultuels ; ils connaissent toutes les façons de faire parler les tambours, et ce savoir enrichit constamment l’art musical.
Traditionnellement, on étudie les musiques rituelles en se référant aux origines différentes des esclaves importés en terre américaines. Les esclaves étaient regroupés sous des noms génériques comme lucumi (identifié à Yoruba), congo (identifié à Bantou) et carabali (qui vient du Calabar).
L’érotique Guaguanco apparaît à la Havane au milieu du XIXe siècle. Plus enlevé que le Yambù, les partenaires simulent la parade nuptiale, et culmine par un mouvement des hanches très explicite appelé » vacunao « , symbole d’accouplement. La danse représente la poursuite amoureuse de l’homme vers la femme, celui-ci désire la « vacciner », il tente de la toucher généralement avec son pied (vacunarla : métaphore sexuelle), celle-ci essaie d’éviter l’attaque, d’une manière picaresque et grotesque. Si la femme se rend et accepte ses avances, il lui prend parfois la tête entre les mains et lui embrasse le front pour lui signifier qu’elle lui appartient. A travers cette persécution et fuite, le couple démontre sa virtuosité de danseur. Aujourd’hui, on pratique beaucoup le « vacunao » en le suggérant parfois avec d’autres parties du corps et un foulard.
La columbia est née dans la zone rurale de la province de Matanzas. Il existait un petit hammeau appelé columbia où avaient l’habitude de se réunir des groupes de danseurs, percussionniste et danseurs, et où se dansait un type de rumba propre à cet endroit qui, très vite, va s’étendre au village de Union de Reyes.
La columbia dans ses origines rurales était dansée aussi bien par des hommes seuls qu’en couple. Mais dans son évolution dans le contexte urbain, elle devint une danse d’hommes et c’est ainsi qu’elle est qualifiée actuellement.
Les danseurs se défient et font étalage de leurs qualités et de leur virilité en. Les mouvements sont exagérés et désarticulés, imitant boiteux, épileptique, boxeur, cerf volant, joueur de base-ball, coupeur de canne.
Cette forme de rumba est d’origine urbaine et est un des styles les plus anciens. On retrouve sa présence depuis la moitié du 19ème siècle. Danse lente, de mouvements cérémonieux, met en scène la coquetterie de la femme face à l’homme. Les mouvements sont calmes et lascifs, mais, afin de prouver sa vigueur, l’homme peut saisir entre les dents un mouchoir posé par terre. La femme est mise en valeur, l’homme ne tient qu’un rôle secondaire. Elle se distingue du Guaguanco car on n’y pratique pas le « vacunao », tentative de l’homme de toucher le sexe de la femme. Les partenaires simulent parfois les douleurs qu’ont les vieillards en dansant.
La rumba est une manifestation strictement profane qui s’est développée d’abord dans les régions de Matanzas et de la Havane, parmi les « nègres de basse condition ». Si la rumba reste aussi vivace à Cuba, c’est que n’importe quel prétexte suffit à improviser un chant et qu’il n’est même pas besoin de tambours pour lancer la fête. N’importe quel objet domestique peut faire l’affaire : une table, un tiroir, un tabouret à siège de cuir, des cuillères frappant une bouteille… La rumba est l’école de la rue par excellence où bien des percussionnistes et chanteurs de renom avouent avoir fait leurs classes.
Elle est composée de figures qui une fois connues permettent alors de former la « Rueda de Casino ». Le principe, tous les couples forment une ronde, un des danseurs annonce les passes à exécuter, cet exercice demande synchronisation et précision dans les déplacements. La nécessité de mettre en œuvre des chorégraphies et de divertir les spectateurs a provoqué l’apparition de nouvelles conceptions spatiales. Il a été ainsi rendu indispensable de nommer chacune des figures, combinaisons de passes, gestes et directions, pour pouvoir les exécuter à l’unisson et, surtout, de comprendre l’appel du guide.
On appelle « Casino » la danse en couple inventée au Club Casino Deportivo de La Havane. Elle prend ses racines dans le son cubain et le couple se déplace essentiellement en décrivant des cercles successifs. C’est avant tout une danse de la rue, populaire et sociale. En se développant, elle a intégré les pas afro-cubains et les passes se sont complexifiées.