Disonible en

Leader et follower : deux rôles, une même danse

Danser en couple, c’est danser ensemble. Cela paraît évident, mais pour y parvenir réellement, il faut quelque chose d’essentiel : que deux personnes puissent communiquer par le corps et devenir, pendant quelques minutes, un véritable couple de danse.

Dans le casino cubain, comme dans de nombreuses autres danses de couple, cette communication s’organise traditionnellement autour de deux rôles complémentaires : leader et follower. Historiquement, le rôle de leader a été principalement tenu par les hommes et celui de follower par les femmes. Mais ces rôles ne sont pas nécessairement liés au genre : chacun et chacune peut apprendre à danser comme leader, follower, ou même apprendre les deux rôles.

L’essentiel est de comprendre qu’il ne s’agit pas de déterminer qui commande et qui obéit. Il s’agit d’une répartition des rôles permettant à deux corps de se coordonner sans devoir se mettre verbalement d’accord sur chaque mouvement.

D’une part, il y a la technique de danse, depuis la posture, l’attitude et l’exécution des pas jusqu’à la théâtralité propre à chaque style. L’objectif est de reconnaître et de respecter les traditions. Il n’est pas nécessaire d’être folkloriste pour savoir que toute danse et tout rythme actuels ont une histoire. Dans leurs danses, les danseurs rendent hommage à tous ces couples qui, avant eux, ont contribué à façonner ce qui constitue aujourd’hui des styles.

D’autre part, il y a la musicalité : le sens des temps musicaux et les différentes manières de les exprimer, qui ont elles aussi évolué parallèlement aux transformations historiques de la musique.

Ces deux composantes, la danse et la musicalité, s’apprennent et se travaillent. Pour cela, il faut d’abord choisir un rôle.

Leader : proposer, guider et créer

Le leader a la responsabilité de prendre l’initiative. Il écoute la musique, décide du moment où commencer une figure et communique son intention à travers son corps, ses déplacements et les points de connexion avec sa ou son partenaire.

Bien guider ne signifie pas utiliser la force pour obliger le follower à effectuer un mouvement. Au contraire : un bon guidage doit être suffisamment clair pour que l’intention puisse être comprise et suffisamment souple pour permettre une réponse.

Le rôle de leader implique également initiative et créativité. Avec l’expérience, le leader cesse progressivement de concevoir la danse comme une succession de figures apprises par cœur. Il peut choisir entre différentes possibilités, les combiner et les adapter à l’espace, à la musique et à la personne avec laquelle il danse.

Cela fait du rôle de leader un défi particulièrement stimulant : il faut écouter la musique tout en pensant à son ou sa partenaire, anticiper le mouvement et construire progressivement la danse.

Follower : écouter, interpréter et répondre

Mais rien de tout cela ne fonctionne sans le follower. Et suivre ne signifie pas être passif.

Le follower doit percevoir les indications transmises par le leader, les interpréter et y répondre corporellement tout en conservant son propre équilibre, son rythme et sa présence dans la danse. Une bonne connexion permet même de communiquer au leader que sa proposition a été comprise, qu’elle doit être plus claire ou qu’une autre possibilité existe à l’intérieur du mouvement.

Le follower participe ainsi activement à la construction de la danse. Il peut marquer ou accentuer le temps, jouer avec la musicalité, utiliser l’espace laissé par le guidage et développer son propre style et son expression corporelle. Avec l’expérience, il peut introduire des variations, des jeux rythmiques et des réponses qui enrichissent ce que le leader avait initié.

Une sorte de défi amical peut même s’installer entre les deux partenaires : une proposition reçoit une réponse inattendue, un jeu musical en provoque un autre, une expression corporelle trouve sa réplique. C’est précisément à ce moment que la danse cesse de ressembler à une succession de figures pour devenir un véritable dialogue.

Deux responsabilités différentes, pas une hiérarchie

Leader et follower ne font pas exactement la même chose, car si les deux partenaires tentaient d’initier simultanément des mouvements incompatibles, il deviendrait difficile de maintenir une connexion claire. La répartition des rôles fournit une structure commune à partir de laquelle ils peuvent danser ensemble.

Mais différence de fonctions ne signifie pas différence d’importance. Le leader doit développer clarté, initiative, anticipation et capacité d’adaptation. Le follower doit développer écoute corporelle, sensibilité, capacité de réponse, autonomie, musicalité et expression.

Le résultat dépend des deux. Un leader expérimenté ne peut pas créer à lui seul une excellente danse, de même qu’un follower expérimenté n’a pas à se limiter à exécuter mécaniquement ce qui lui est proposé. Plus le niveau des deux partenaires augmente, plus leur dialogue peut devenir riche.

Apprendre les deux rôles

C’est pourquoi il est également particulièrement intéressant d’apprendre les deux rôles. Une personne qui danse habituellement comme follower découvre quelles informations un leader doit transmettre. Une personne qui danse habituellement comme leader découvre comment un guidage est perçu de l’autre côté du couple. De ce point de vue, la danse est aussi une forme d’empathie en mouvement.

Apprendre l’autre rôle peut améliorer la connexion, la précision et la capacité d’adaptation. Et cela permet également de danser avec beaucoup plus de personnes.

Du couple à la rueda de casino

La rueda de casino transpose ce principe de communication à une échelle collective. La professeure et chercheuse cubaine Graciela Chao Carbonero, spécialiste des danses folkloriques cubaines, explique que, dans le développement historique de la rueda, plusieurs couples s’organisent en cercle et réalisent des figures coordonnées sous la direction d’un guide.

On retrouve alors deux niveaux différents de communication. Au sein de chaque couple, le leader propose et guide tandis que le follower interprète et répond. Simultanément, tous deux écoutent la personne qui chante la rueda, annonce les figures et coordonne l’ensemble.

La nécessité d’exécuter simultanément les figures a précisément favorisé leur dénomination. Des figures comme Enchufla, Vacílala, Setenta ou (Ponle el) sombrero pouvaient ainsi être annoncées et transmises. Les danseurs et les guides pouvaient également créer de nouvelles figures qui circulaient ensuite entre différentes ruedas.

Et un jour, peut-être, chanter la rueda

Pour la personne qui danse comme leader apparaît alors un défi supplémentaire : apprendre non seulement à guider une partenaire ou un partenaire, mais aussi à chanter la rueda. Outre les appels verbaux, la personne qui chante la rueda peut se servir de signaux effectués avec les mains ou les bras pour faciliter l’identification de certaines figures.

Chanter une rueda signifie observer le groupe, choisir les figures, les annoncer au bon moment et suffisamment à l’avance, et maintenir la relation avec la musique tout en continuant à danser avec sa propre partenaire ou son propre partenaire. Cela exige attention, mémoire, rythme, créativité et capacité d’adaptation. La rueda possède également une importante dimension ludique : certaines figures et certains appels existent avant tout pour jouer, surprendre et s’amuser ensemble.

La chercheuse cubaine Bárbara Balbuena Gutiérrez, docteure en Sciences sur l’Art et spécialiste du folklore dansé cubain, a étudié le casino depuis ses origines, notamment ses pas, ses tours, ses figures et ses formations en couple et en groupe. Ses travaux permettent de replacer ces pratiques dans une tradition culturelle cubaine où danser signifie bien davantage que reproduire mécaniquement une série de pas.

Leader et follower ont ainsi des responsabilités différentes mais complémentaires. L’un propose sans imposer ; l’autre interprète sans se limiter à obéir. Tous deux écoutent, répondent, s’adaptent et apportent leur personnalité. Et lorsque cette communication fonctionne, deux personnes cessent simplement d’exécuter des figures et commencent véritablement à danser ensemble.

La musique est le langage commun, et les musiciens participent eux aussi à ce dialogue. Danser sur de la musique jouée en direct rend particulièrement visible la relation entre celles et ceux qui produisent la musique et celles et ceux qui l’interprètent avec leur corps : musiciens et danseurs peuvent s’écouter, se répondre et s’influencer mutuellement. Lorsque la musique est enregistrée, le DJ occupe une autre place essentielle dans cette relation : il sélectionne et articule les musiques, construit la continuité de la soirée et crée les conditions permettant à ce dialogue entre musique et danse de se renouveler à chaque morceau.

Pour aller plus loin

Bárbara Balbuena Gutiérrez, Salsa y Casino: de la cultura popular tradicional cubana, Balletin Dance Ediciones, 2010 :
Consulter le livre sur Google Books.

Graciela Chao Carbonero, travaux sur l’évolution historique des danses populaires cubaines et la rueda de casino :
Conseil Fédéral du Folklore d’Argentine (COFFAR).

Danser à deux, construire un dialogue

Leader, follower : les rôles qui font vivre la danse cubaine

Dans le casino cubain, deux partenaires ne se contentent pas d’enchaîner des pas : ils écoutent, proposent, répondent et inventent ensemble une conversation en mouvement.

La danse comme communication

Quand le mouvement devient un langage partagé

Avant d’être une suite de figures, la danse est une rencontre. Dans le casino cubain, chaque pas, chaque changement d’énergie et chaque regard participe à une conversation sans paroles. Le couple se construit dans l’instant : une proposition est formulée, perçue, interprétée, puis transformée en mouvement commun.

Cette écoute passe aussi par la musicalité. La pulsation, les accents, les silences et les variations des instruments donnent une couleur au dialogue. Danser, c’est habiter la musique ensemble : y trouver un rythme partagé, laisser de la place à l’autre et faire circuler une intention d’un corps à l’autre.

Écouter, répondre, être présent

Une conversation qui se danse

À deux, la communication ne repose ni sur la force ni sur l’anticipation parfaite. Elle se nourrit d’une attention concrète : sentir la direction proposée, reconnaître une invitation, ajuster son équilibre, préserver le confort de l’autre. Le contact, la posture et le regard deviennent des repères souples, toujours au service de la relation.

Le rôle de chacun s’exprime ainsi dans une écoute active. L’un peut ouvrir une possibilité de mouvement ; l’autre lui donne une réponse, une nuance, une présence. Cette circulation rend la danse vivante : elle ne consiste pas à reproduire un modèle figé, mais à créer ensemble une interprétation singulière de la musique.

La musicalité relie ces échanges. Quand les partenaires entendent les mêmes accents, respirent sur les mêmes pauses ou jouent avec la même énergie, leur dialogue gagne en clarté et en plaisir. Les figures deviennent alors moins importantes que la qualité de l’écoute qui les traverse.

Cette présence partagée est au cœur des danses cubaines : apprendre à danser, c’est aussi apprendre à faire de la place, à s’adapter et à contribuer pleinement à une expérience commune.

Deux rôles, un même dialogue

Dans le casino cubain, leader et follower n’occupent pas des places opposées : ils construisent ensemble une conversation en mouvement. Chacun porte une responsabilité singulière, attentive à la musique, à l’autre et à l’instant partagé.

Leader : proposer, guider et créer

Proposer des directions avec clarté, sans contraindre

Guider par une connexion attentive et confortable

Créer des variations au service de la musique

Écouter les réponses de son ou sa partenaire

Adapter son intention à chaque instant

Follower : écouter, interpréter et répondre

Écouter la proposition, la musique et le mouvement

Interpréter avec sa propre sensibilité corporelle

Répondre avec précision, présence et créativité

Enrichir la danse par son style et sa musicalité

Transformer la connexion en dialogue partagé

« Mais différence de fonctions ne signifie pas différence d’importance. »

Dans la danse à deux, l’égalité se construit dans l’écoute, la confiance et la liberté de chaque partenaire.

Changer de perspective

Apprendre les deux rôles, c’est découvrir la danse depuis l’autre côté de la connexion.

Apprendre les deux rôles, c’est découvrir la danse depuis l’autre côté de la connexion. En guidant, on affine son attention, sa clarté et son écoute ; en suivant, on développe sa disponibilité, son interprétation et sa capacité à répondre à la musique. Cette circulation entre les rôles enrichit chaque pas, éclaire les intentions de l’autre et ouvre un espace de jeu plus généreux. Elle devient une forme d’empathie en mouvement : une manière de comprendre par le corps, de mieux communiquer et de faire vivre une danse réellement partagée.

Du couple à la rueda de casino

Dans la rueda de casino, la relation à deux s’ouvre à un cercle de danseurs et de danseuses qui avancent ensemble, au même rythme. Chaque couple conserve son dialogue, mais il devient aussi attentif à une pulsation collective : une annonce circule, les partenaires changent, les trajectoires se répondent et le groupe dessine une danse en mouvement.

Les figures comme Enchufla, Vacílala, Setenta ou (Ponle el) sombrero ne sont pas de simples enchaînements à mémoriser. Elles deviennent des repères partagés, des chemins connus que la rueda transforme selon la musique, l’énergie du cercle et la précision de chacun. La circularité n’efface pas les individualités : elle leur donne un espace commun pour se rencontrer.

Et un jour, peut-être, chanter la rueda

Une attention qui se danse à plusieurs

Danser une rueda demande une attention élargie. Il ne s’agit plus seulement de sentir son ou sa partenaire, mais de rester disponible à l’ensemble : à la voix qui guide, aux couples voisins, au tempo et aux changements de place. Cette écoute collective fait de la rueda une pratique aussi joyeuse qu’exigeante, où la coordination se construit pas à pas.

Observer ce qui se passe dans le cercle, choisir le bon moment, annoncer avec clarté, écouter la réponse du groupe et s’adapter lorsqu’un détail change : ces actions forment une véritable conversation dansée. Elles invitent à développer une présence attentive plutôt qu’à rechercher une exécution parfaite.

Les travaux de Graciela Chao Carbonero et de Bárbara Balbuena Gutiérrez rappellent que les pratiques dansées cubaines se comprennent dans leurs contextes sociaux, musicaux et collectifs. Aborder la rueda avec cette perspective, c’est reconnaître qu’elle porte une mémoire partagée tout en restant vivante : chaque cercle la renouvelle, par son écoute, sa diversité et son plaisir de danser ensemble.

Conclusion : le dialogue

L’un propose sans imposer ; l’autre interprète sans se limiter à obéir. Tous deux écoutent, répondent, s’adaptent et apportent leur personnalité. Dans le casino, les rôles ne décrivent pas une hiérarchie : ils organisent un échange. Une intention peut être suggérée, nuancée, prolongée ou transformée par la personne qui la reçoit. C’est dans cet aller-retour que la danse prend du relief, de la confiance et du plaisir.

Apprendre à danser, c’est ainsi apprendre à laisser de la place : à son ou sa partenaire, à l’imprévu, à la respiration de la musique et à sa propre sensibilité. Les figures offrent un vocabulaire ; le dialogue, lui, donne à ce vocabulaire sa voix singulière.

La musique est le langage commun

La musique relie les partenaires bien avant qu’un pas ne soit lancé. Les musiciens donnent la pulsation, les accents, les silences et les variations qui inspirent les choix de mouvement. En musique live, cette conversation se déploie dans l’instant : les instruments, le chant et l’énergie de la salle peuvent inviter à ralentir, jouer, suspendre ou intensifier la danse.

Le ou la DJ participe tout autant à cette écoute partagée. Par ses sélections et la manière d’enchaîner les morceaux, il ou elle crée un paysage musical, accompagne les différentes énergies du bal et ouvre des possibilités de danse. Entre le groupe, les danseurs et les partenaires, la musique reste le terrain commun : celui sur lequel chacun peut proposer, répondre et construire, ensemble, une même danse.

Pour aller plus loin

  • Graciela Chao Carbonero, La rueda de casino: baile social cubano — pour approfondir l’histoire, les codes collectifs et la transmission de la rueda.
  • Bárbara Balbuena Gutiérrez, travaux sur les danses populaires cubaines — un éclairage précieux sur leurs contextes culturels et sociaux.
  • Fernando Ortiz, La africanía de la música folklórica de Cuba — une référence majeure pour situer les héritages musicaux qui traversent les pratiques cubaines.
  • Helio Orovio, Cuban Music from A to Z — repères historiques et lexique autour des musiques de Cuba.
  • Vincenzo Perna, Timba: The Sound of the Cuban Crisis — pour comprendre les évolutions contemporaines de la musique cubaine et de la danse sociale.
  • Raúl Fernández, From Afro-Cuban Rhythms to Latin Jazz — une mise en perspective des rythmes, des circulations et des influences musicales.
  • Écouter les orchestres de son, chachachá, mambo, salsa cubaine et timba en prêtant attention aux breaks, aux montunos et aux changements d’énergie.
  • Observer comment les partenaires dialoguent avec la musique : rythme, silences, accents, qualité du mouvement et espace partagé.
  • Travailler indifféremment le rôle de leader, de follower ou les deux, afin d’affiner l’écoute et la compréhension du couple dansé.
  • Explorer les figures de rueda — Enchufla, Vacílala, Setenta et sombrero — comme un vocabulaire collectif plutôt que comme une simple succession de passes.
  • Privilégier les sources qui citent leurs interprètes, leurs contextes et leurs traditions de transmission.
  • Comparer les versions dansées d’une même musique pour découvrir la diversité des interprétations possibles.
  • Bibliothèque nationale de Cuba José Martí — ressources et catalogues consacrés au patrimoine culturel cubain.
  • Casa de las Américas — publications, archives et recherches sur les arts et les cultures de l’Amérique latine et des Caraïbes.
  • Instituto Cubano de la Música — actualités et repères institutionnels autour de la création musicale cubaine.
  • Egrem — catalogue historique d’enregistrements cubains, utile pour explorer artistes, orchestres et répertoires.
  • Discografía de la Música Cubana — pour documenter les interprètes, les albums et les filiations musicales.
  • Ateliers, bals et stages de Candela Strasbourg — des occasions de mettre ces repères en pratique, dans l’écoute et le partage.

Faites vivre le dialogue sur la piste

Quel que soit votre niveau, le rôle que vous dansez ou celui que vous souhaitez explorer, poursuivez votre découverte des danses cubaines avec Candela Strasbourg. Cours, pratiques et rueda sont autant d’occasions d’apprendre à écouter, proposer, répondre et danser ensemble dans un cadre attentif, inclusif et collectif.

Le Diagramme de la Salsa


Image, © 2025 [Buscando Guayaba]
Diagrama de la salsa CC BY-SA 4.0

 

La salsa n’est pas un rythme, « salsa » est une étiquette…

La salsa, donc, n’a pas de nomenclature, et n’a pas à en avoir. Ce n’est pas un rythme, ni un simple style adapté à un rythme précis. La salsa est une forme ouverte (…]. Le livre de la salsa : Chronique de la musique de la Caraibe urbaine, 1971 [trad. française 2023] – César Miguel Rondón 🇻🇪

Pays et rythmes qui ont influencé la salsa

(Le schéma et la liste ci-dessous ne prétendent pas être exhaustifs).

  • Cuba (son, rumba – complexe de la rumba: guaguancó, yambú, columbia -, la santeria est transversale : les tambours batá, les thèmes, le vocabulaire lucumi, les orishas sont présents dans la salsa -, guaracha, mambo, chachacha, danzon, bolero, mozambique, changui, nengón, kiribá, songo, timba, reparto – rythme urbain mélange de reggaetón, timba et rap-)
  • Porto Rico (bomba, plena, seis, aguinaldo, décima jibara, reggaetón, salsa romantique ou salsa rosa -)
  • Etats-Unis (NYC) (jazz, boogaloo, soul, funk, rhythm & blues)
  • Colombie (cumbia, porro, vallenato, Joeson, mapalé – la salsa est essentiellement caribéenne, mais elle se mélange aussi au currulao et à d’autres rythmes du Pacifique -, salsa choke)
  • République dominicaine (merengue, mangulina, palo, bachata)
  • Venezuela (tambours de Barlovento, joropo, identité urbaine caribéenne)
  • Brésil (samba, choro, maracatú, baião) |
  • Haïti (compas, méringue, rara)
  • Trinité-et-Tobago (calypso, soca)|
  • Jamaïque (ska, reggae – influence rythmique croisée -)
  • Pérou (cajón, landó, festejo – via afro-péruvienne dans les fusions modernes -)
  • Panama (tamborito, reggae en espagnol, calypso congo)
  • Mexique (ballade romantique latino-américaine, – entre autres influences harmoniques et mélodiques comme les corridos – Films de « rumberas ».)
  • Equateur (bomba du Chota, pasillo, sanjuanito – influence mineure, mais présente chez certains interprètes -)
  • Espagne (flamenco, copla – influences lyriques et harmoniques sur certains boleros-salsa -)

• La base principale de la salsa provient de Cuba et de Porto Rico, mais le phénomène s’est consolidé à New York.

• Des pays comme la Colombie et le Venezuela ont été cruciaux dans l’expansion, évolution et la tropicalisation locale de la salsa

  • La Colombie, le Pérou, l’Équateur et le Chili apportent la racine afro du Pacifique.
  • Le Brésil, le Pérou et Haïti offrent des couleurs rythmiques et percussives que l’on retrouve aujourd’hui dans des fusions comme la timba, le latin jazz ou la salsa expérimentale.
  • Le UK et d’autres musiques internationales ont influencé les rythmes de la salsa. Par exemple, le songo est un rythme afro-cubain moderne qui combine éléments de rumba, son, funk, jazz et rock.

La salsa est une expression transculturelle, à la fois afrodiasporique et eurodescendante. Ce diagramme vise à représenter ses influences directes, en reconnaissant que les influences indirectes sont encore plus nombreuses. Nous y avons inclus également certaines musiques influencées par la salsa et des rythmes modernes qui en découlent, car la musique —comme l’histoire— est un voyage aller-retour.

Andrés

Le changüí n’est pas du son

Le changüí n’est pas du son, mais presque. Ils sont de la grande famille de la musique cubaine!

L’un des groupes les plus forts de timba cubana es l’orchestre de Elito Revé, héritier de son père, voci un documentaire sur le changüí de Elio Revé (le père)

Elito Revé y Su Charangón- Elio Revé el Embajador del Changüí (Documental)
Ière partie

IIème partie

IIIème partie

Le jour du son cubain

Día del son cubano - 8 de mayo

Le 8 mai, la journée du son cubain – Día del son cubano

La journée du son cubain est une idée proposée par le maestro Adalberto Alvarez (il nous a quitté le 1 septembre 2021), l’un des meilleurs soneros ! Maintenant, son idée est devenue loi. Un décret pour déclarer le son cubain comme patrimoine du pays a été approuvé. Pour la joie de toutes et tous les soneros la journée est célébrée avec des concerts et des danses (à découvrir sur les réseaux sociaux).

Avoir choisi le 8 mai comme date pour cette célébration n’est pas un hasard. Par une coïncidence historique, deux grands soneros sont nés à cette date : Miguel Matamoros en 1894 et Miguelito Cuní en 1917.

Ceci étant dit, l’histoire du son est tellement vaste et ce mouvement artistique tellement prolifère que d’autres coïncidences devraient être plus que probables. Pour nous, tous les jours du calendrier sont remplis de son !

Ignacio Piñeiro, un grand sonero, et « un radical du son »  disait dans les années 1920 : « El son es lo más sublime para el alma divertir, debiera de morir quien por bueno no lo estime » (Le son est la chose la plus sublime pour que l’âme s’amuse, quiconque ne le considère ainsi pour de bon, devrait mourir). Le refrain a été repris par des orchestres de renom comme el Septeto Nacional (dont Piñeiro fut le fondateur) ou la Sonora Matancera et sa chanteuse vedette Celia Cruz, qui l’ont immortalisé dans la chanson Suavecito. Une autre chanson immortelle est « Échale salsita » de Piñeiro qui est peut-être le thème musical à partir duquel s’est décliné le terme « Salsa » qui qualifierait ce genre de musique caribéenne qu’on aime tant !

– Les rimes, les paroles du son sont parfois fortes, parfois humoristiques et souvent romantiques, elles sont particulières. Ok ! C’est une question de goût ! Le langage poétique du son n’est pas une menace, mais une déclaration d’amour passionnel. Ce qui caractérise le son est l’improvisation. Les soneros cherchent à surprendre un adversaire qui répond en vers avec des rimes de troubadour ou cherchent à étonner son public en parlant de tous les sujets possibles et imaginables. 

On peut aimer la rumba, l’afro, la salsa, voire même…😜 le reggaeton et la bachata. Mais, s’il vous plaît, reconnaissons les racines de la musique. Il faut rendre à César ce qui appartient à César.

On peut vivre et danser sans appliquer ce qui vient d’être dit, bien sûr ! Mais, c’est comme ne pas savoir que les pommes de terre, la tomate, le poivron, les haricots rouges, le chocolat, … sont originaires de l’Amérique du Sud. On peut passer à côté de l’histoire, mais les pommes de terre ont sauvé de la famine à plus d’un pays.

Pour la musique cubaine, le son et la rumba sont des racines profondes. Un père et une mère qui ont dans leurs gènes l’Afrique et l’Europe. Les Congos, les Carabalís, les Lucumís, les Yorubas, plus de cinq empires et civilisations africaines reparties en plus de 100 tribus se sont mélangées entre elles et aux populations locales, ainsi qu’aux colons esclavagistes. Selon le partage du monde à cette époque-là, à Cuba c’étaient les Espagnols.

Bien entendu, l’arbre généalogique de la grande famille de la musique cubaine est plus riche que cela, vairé et métisse. Le changüí par exemple est un faux jumeau du son. Différent, mais ressemblant.

Les populations locales précolombiennes de la plus grande des Antilles : la Subtamo, la Mayarí, la Taíno, la Caraïbe, la Siboney, etc. furent décimées par les colons. Le son, comme la rumba cubaine sont nés d’un métissage africain et espagnol (et un peu d’indigène quand même). Et on adore le son et la rumba ! Sans eux, on n’aurait pas eu la timba, la salsa ni la rueda de casino. Pire encore on n’aurait pas eu les cours de l’association Candela. Dans la pratique on danse surtout la rueda (si les conditions sanitaires le permettent) 😷 et les échauffements reggaeton de Caro son inoubliables. Les cours de Chara et Thomas el rumbero (et tant d’autres prof) apportent tout ce qu’il faut!!! De temps en temps, on fait des cours de son. Danse élégante et sophistiquée, simple pour ceux qui savent mais difficile pour le débutant qui n’a pas le « contratiempo » ni « la clave » à l’esprit.

Venez aux cours pour découvrir si la clave est bien là dans votre cœur !!! -Ahh, et pour ceux qui ne savent pas ce qu’est la clave, plus encore, venez !! Rejoignez la danse …

Andrés

(FaceBook) Santiago de Cuba celebra el Día Nacional del Son Cubano.

Sources: https://www.ecured.cu/Son (género musical)

https://www.ecured.cu/Rumba (género musical)

CubaDebate/Cultura et CubaDebate en français

https://elchanguisero.cubava.cu/http-elchanguisero-cubava-cu-files-2019-05-x-festival-nacional-del-changüí-pdf

La Jiribilla – Magazine sur la culture cubaine

Autres sources: Doc. 100 sones cubanos

 

8 mai, le jour du son cubain

Le Son

La Asociación Candela y todo su equipo desean informarles que este año no se realizará el festival Rumba y Candela.

Tomamos esta decisión después de una larga reflexión y creemos que un descanso de un año es muy importante para que la asociación y sus voluntarios puedan retomar fuerza y energía.

team y staff

¡La asociación Candela no detiene sus actividades!

Continúa enseñando con un muy buen equipo este año, un nuevo concepto, continúa organizando eventos y dando su corazón por la música y la cultura cubana.

Lo que nos gusta:

¡Hay algo para tí y para todos!

Nos gusta bailar Haciendo la conexión entre los orígenes y la pasión a través de una compleja red de sonidos musicales.

¡Y tomar algo!

También nos gusta:

¡Nos gusta rumbear!

Y compartir nuestra pasión por la cultura cubana convocando bailarines y estilos musicales del mundo entero.

¡Ven a los cursos los miércoles por la noche!

Buenos recuerdos

RyC, ¡fue un éxito, como siempre!

Les danses et musiques Abakwa

Les abakwas exercent une sincère fascination, en raison du mystère enveloppant leurs rituels, qu’ils refusèrent longtemps de divulguer. Leurs sociétés secrètes n’admettaient que des impétrants ayant prouvé leur courage et leur virilité lors de rites initiatiques auxquels participaient de remarquables musiciens et danseurs.

Les diablitos, personnages costumés chargés d’imposer le respect des coutumes ancestrales, dansaient dans les rues, perpétuant une tradition que l’on retrouve en Afrique.

Aujourd’hui ces rites ont pratiquement disparu, sauf dans quelques recoins de l’île, notamment au temple de la confrérie Uriabon Efi, dans le quartier de Simpson à Matanzas, qui réunit environ un million de zélateurs.

Abakua con el maestro Sergio Larrinaga

Les danses et musiques Dahoméennes

Les Araras, surtout concentrés dans la région de Matanzas et Jovellanos, ont peu marqué la musique populaire. Leur religion a aujourd’hui absorbé des éléments yorubas : Hebioso, comme Chango, est le Dieu des tambours et du tonnerre, et Ayosi ou Sakuata, par exemple sont souvent assimilés à Babalu Ayé.

Trois tambours à la peau tendue par des chevilles (le junga) , au corps frappé par des baguettes, plus des hochets métalliques (cheré) et une cloche dépourvue de battant (ogan) accompagnent les chants rituels.

Des haïtiens d’origines araras, arrivé à Cuba de la fin du 18e siècle au début du 20e siècle et baptisés négros franceses (noirs français), constituèrent, dans la province d’Oriente, des sociétés de musique et de danse, les tumbas francesa. Dirigés par un président ou une présidente, ces sociétés, hiérarchisées, organisent des fêtes profanes où l’on interprète des chansons en patois français mâtinés d’espagnol. Le soliste lance le couplet, auquel répond le chœur des tumberas, vêtues de costumes traditionnels ressemblant à ceux des Antilles françaises. Les danses, dirigées par le mayor ou la mayora de plaza, qui siffle pour communiquer ses ordres, sont accompagnées par les trois gros tambours polychromes.

Ces tambours, à la peau maintenue par des coins de bois consistent, par ordre de taille décroissante, en premier qui improvise, bula et second, plus un cylindre de bois frappé avec des baguettes (le cata), qui maintient un rythme fixe ; une tambara bimembranophone, réservée pour une danse nommée mason, et des sonnailles métalliques (chachas), agitées par les chanteuses ou le mayor de plaza.

Dans la région de Camagüey subsistent en outre quelques communautés d’origine haïtienne pratiquant le vaudou et employant des instruments de musiques semblables à ceux d’Haïti. Ces communautés, cependant, ont peu influencé la musique populaire de Cuba.

Les danses et musiques Congos

Les esclaves désignés à Cuba sous le nom de congo étaient surtout concentrés dans les actuelles provinces de Matanzas et Las Villas, les grandes plantations sucrières de la plaine de Colon, de Cienfuegos et de Trinidad.

Dans les villes, les congos se structurent autour de maison-temple à la tête desquelles se trouve le tata-nganga, qui officie dans les rites d’initiation, de funérailles et de commémoration. Nganga désigne la puissance spirituelle de l’ancêtre qui préside à tous les rites magiques. Regla de Palo ou regla congo sont les noms génériques de leur système cultuel qui se divise en différentes branches. Cette communauté religieuse des paleros a souvent été désignée à Cuba sous le nom péjoratif de brujos (sorciers), personnages réputés dangereux autour desquels s’est forgée toute une légende de cruauté, en raison de la puissance de leurs rites magiques qui passaient pour « travailler » essentiellement en vue du mal.